Témoignage - Jean-Claude Kytouca
Électricien et chef de projet, Compagnon des Énergies au 3e degré (champion)Spécialiste de la signalisation ferroviaire, Jean-Claude est l’un des 350 Compagnons des Énergies d’Equans France. Ces collaborateurs passionnés véhiculent des valeurs précieuses et ont le goût de transmettre sans relâche leur savoir-faire.
“ Je suis arrivé chez Bouygues Energies & Services via ETDE (Entreprise de transport et de distribution d’électricité). Originaire du Havre et électricien de formation, j’ai essentiellement travaillé en signalisation ferroviaire. Je crée et rénove tous les appareils qui permettent de fluidifier et de sécuriser la circulation des trains. C’est un métier qui m’a amené à sillonner toute la France, au fur et à mesure de mes missions. ”
Pouvez-vous nous en dire plus sur l’ordre des Compagnons des Énergies, auquel vous appartenez ?
En 1963, Francis Bouygues a créé l’Ordre des Compagnons du Minorange (le revêtement antirouille utilisé sur les équipements de l’entreprise) sur le modèle des Compagnons du Devoir. L’idée était de fidéliser les ouvriers en reconnaissant leur savoir-faire. Aujourd’hui, chez Bouygues, les membres de l’Ordre sont environ neuf cents : ils font preuve d’excellence dans leur métier et de générosité dans la transmission de leurs connaissances et de leurs gestes. Depuis son intégration au groupe Bouygues, Equans a créé, en 2023, son propre cénacle : l’Ordre des Compagnons des Énergies.
Et vous, comment êtes-vous devenu Compagnon ?
J’ai été repéré par mes collègues au début de ma carrière. Ils m’ont proposé d’intégrer l’Ordre... même si je ne savais pas exactement ce que c’était ! Au départ, je pensais que c’était un peu « radio ballast » : des ouvriers qui servent de relais à la direction pour savoir comment ça se passe sur les chantiers. Après, j’ai compris que c’était tout sauf ça. L’Ordre des Compagnons, c’est un collectif de personnes reconnues pour leurs valeurs. J’aime cette idée que le travail ne se limite pas à la réalisation d’une tâche : il y a une forme d’élévation et de partage aussi. Au-delà du travail bien fait, on a envie d’apprendre des autres, et de transmettre à son tour ce qu’on sait.
Être Compagnon, cela se traduit comment ?
Au départ, on a une étoile, puis deux, puis trois, et enfin on devient champion. C’est ce qui m’est arrivé. Sur le terrain, mes étoiles apparaissent en écusson sur mon bleu de travail, ou sur mon casque avec des autocollants. Être Compagnon ne donne lieu à aucun avantage financier : c’est un titre honorifique dont je suis très fier.
Est-ce que les Compagnons travaillent avec d’autres Compagnons ?
Bien sûr ! Le compagnonnage, c’est beaucoup de temps partagé. Littéralement, un compagnon est quelqu’un avec qui on partage le pain… Quand il y a d’autres Compagnons sur un chantier, j’en suis très heureux. Je sais que notre mission se passera au mieux, car mes collègues travaillent avec rigueur et passion. Et même quand ils enlèveront leur bleu de travail, ils resteront des Compagnons. Cet esprit d’exigence ne nous quitte pas : on continue à le véhiculer naturellement. Le sens de l’entraide, le goût de l’exemplarité, nous l’exprimons aussi en dehors du travail avec nos proches et via nos divers engagements bénévoles.
Comment l’Ordre des Compagnons appréhende-t-il les défis de demain ?
C’est sûr que tout évolue et que nous devons nous adapter. Il y a le changement climatique, l’arrivée de l’IA... En tant que Compagnons, nous sommes des passeurs. Nous devons donc être des pionniers de ces sujets, pour les incarner dans l’entreprise et les transmettre. Être Compagnon, c’est savoir qu’on ne construit pas seulement des ouvrages. On « construit » aussi des hommes : ce sont eux qui façonneront les technologies et non l’inverse.
Comment donner envie aux jeunes générations de choisir les métiers d’Equans ?
En intervenant dans les lycées, par exemple, comme je le fais fréquemment, pour leur transmettre un peu de ma passion. Aujourd’hui, je travaille sur le projet EOLE de raccordement de La Défense à Mantes-la-Jolie par le RER E. Demain, il ne faudra que 40 minutes depuis Mantes pour rejoindre le quartier d’affaires, contre 55 minutes actuellement. Avec un mode de transport totalement décarboné ! C’est quelque chose dont je peux être fier, et dont je parle avec beaucoup de plaisir.